• Tant qu'il y aura des ânes...

    2011.09.05
     
    Salut Baptiste ! Comment vont les affaires ?
    -      Lesquelles ? La France ? Les fameux marchés c’est-à-dire les spéculateurs ? Les banquiers ? Les sans-le-sou ? les sans-abris ? Les classes moyennes ? les pauvres ?
    -      Effectivement il y a plusieurs thermomètres.
    -      Oui et certains l’ont dans le… enfin bref ! Si on lit l’histoire qui suit on a quelques éléments de réflexion sur ce qui se passe dans le monde.
    -      Tu crois que cette histoire se répète.
    -      Inlassablement sous des formes diverses et avec des acteurs différents… Certes… Mais c’est la même histoire…
     
    La crise... des ânes
    Un homme portant cravate se présenta un jour dans un village. Monté sur une caisse, il cria à qui voulait l’entendre qu’il achèterait cash - 100 euros l’unité - tous les ânes qu’on lui proposerait. Les paysans le trouvaient bien un peu étrange, mais son prix était très intéressant et ceux qui topaient avec lui repartaient le portefeuille rebondi, la mine réjouie. Il revint le lendemain et offrit cette fois 150 € par tête, et là encore une grande partie des habitants lui vendirent leurs bêtes. Les jours suivants, il offrit 300 € et ceux qui ne l’avaient pas encore fait vendirent les derniers ânes existants. Constatant qu’il n’en restait plus un seul, il fit savoir qu’il reviendrait les acheter 500 € dans huit jours et il quitta le village.
    Le lendemain, il confia à son associé le troupeau qu’il venait d’acheter et l’envoya dans ce même village avec ordre de revendre les bêtes 400 € l’unité. Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100 € dès la semaine suivante, tous les villageois rachetèrent leur âne quatre fois le prix qu’ils l’avaient vendu et pour ce faire, tous empruntèrent.
    Comme il fallait s’y attendre, les deux hommes d’affaire s’en allèrent prendre des vacances méritées dans un paradis fiscal et tous les villageois se retrouvèrent avec des ânes sans valeur, endettés jusqu’au cou, ruinés.
    Les malheureux tentèrent vainement de les revendre pour rembourser leur emprunt. Le cours de l’âne s’effondra. Les animaux furent saisis puis loués à leurs précédents propriétaires par le banquier. Celui-ci pourtant s’en alla pleurer auprès du maire en expliquant que s’il ne rentrait pas dans ses fonds, il serait ruiné lui aussi et devrait exiger le remboursement immédiat de tous les prêts accordés à la commune.
    Pour éviter ce désastre, le Maire, au lieu de donner de l’argent aux habitants du village pour qu’ils paient leurs dettes, le donna au banquier, ami intime et premier adjoint, soit dit en passant. Or celui-ci, après avoir rétabli sa trésorerie, ne fit pas pour autant un trait sur les dettes des villageois ni sur celles de la commune et tous se trouvèrent proches du surendettement.
    Voyant sa note en passe d’être dégradée et pris à la gorge par les taux d’intérêts, la commune demanda l’aide des communes voisines, mais ces dernières lui répondirent qu’elles ne pouvaient en aucun cas l’aider car elles avaient connu les mêmes infortunes.
    Sur les conseils avisés et désintéressés du banquier, toutes décidèrent de réduire leurs dépenses : moins d’argent pour les écoles, pour les programmes sociaux, la voirie, la police municipale... On repoussa l’âge de départ à la retraite, on supprima des postes d’employés communaux, on baissa les salaires et parallèlement on augmenta les impôts. C’était, disait-on, inévitable mais on promit de moraliser ce scandaleux commerce des ânes.
    Cette bien triste histoire prend tout son sel, quand on sait que le banquier et les deux escrocs sont frères et vivent ensemble sur une île des Bermudes, achetée à la sueur de leur front. On les appelle les frères Marchés.
    Très généreusement, ils ont promis de subventionner la campagne électorale des maires sortants.
    Cette histoire n’est toutefois pas finie car on ignore ce que firent les villageois.
     
    (Histoire circulant sur internet d’après une fable espagnole dont l’auteur reste inconnu)
     
    Cela fait penser à ce qui se passa le 20 juin 1815 :
     
    « Le coup de Bourse » de Nathan Rothschild
     
    Au lendemain de la bataille de Waterloo, Nathan Rothschild accomplit un « coup de bourse » remarquable. Informé de la défaite napoléonienne bien avant les autorités, il se rend à la Bourse de Londres et met en vente tous ses titres. Tous pensent alors que Napoléon est sorti victorieux du combat et chacun, gagné par la panique, suit l’exemple de Rothschild. Les actions chutent à une vitesse folle. Rothschild attend la dernière minute puis les rachète et assoit ainsi la fortune familiale.
    Voir aussi : Napoléon - Dossier histoire de la bourse - Bourse de Londres - Rothschild - Histoire de la Finance
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  • Commentaires

    9
    jean paul
    Lundi 25 Juin 2012 à 11:40
    jean paul

    On peut  se demander qui sont les ânes de nos jours, les dindons étant toujours les mêmes, La Fontaine, tu nous manque...

    8
    Mardi 6 Septembre 2011 à 07:58
    New Dawn

    Ton analyse est parfaite et l'anecdote l'illustre parfaitement...Bravo !

    7
    Lundi 5 Septembre 2011 à 21:52
    mamzelle B

    Les deux histoires sont fabuleuses et méritent d'être mieux connues !

    bonne soiré Ountès

    bises

    6
    Lundi 5 Septembre 2011 à 17:49
    Martine27

    Bref tout est de la faute des ânes comme l'avait si finement déjà fait remarquer La Fontaine (y a plus qu'à en faire du saucisson)

    5
    Lundi 5 Septembre 2011 à 14:11
    Monique

    Cà c'est une histoire concrète, on comprend mieux le fonctionnement des spéculations qui se font tous les jours sur les marchés boursiers.

    4
    Lundi 5 Septembre 2011 à 13:03
    jill-bill.over-blog.

    Les hommes et la bourse... toute leur vie pour certains !  Merci pour ce très beau billet du jour Ontés Passat !  Jill

    3
    Lundi 5 Septembre 2011 à 10:41
    Mimi de Bruges

    Dis donc c'est ta trésorière qui t'a conseillé ce travail de recherche lol ! EN tout cas joli travail, c'est bizarre ça me rappelle quelque chose, mais quoi ? ça ne peut plus arriver ....

    2
    Lundi 5 Septembre 2011 à 09:27
    nath

    C'est hélas une petite histoire qui l'air de rien est tout à fait calquée sur la réalité... tant sur les cotations en bourse et les spéculateurs, que la dégringolade sur les petites communes qui n'arrivent plus ou presque à tourner...

     

    Drôle d'époque, drôle de monde, un éternel recommencement, où les dindons et non les ânes sont toujours farcis à la sauce "je t'ai bien eu, patate crue "

     

     

    1
    Lundi 5 Septembre 2011 à 09:22
    m'annette

    l'histoire est malheureusement un éternel recommencement, et je plains ces bravec gens qui croient aux belles promesses de ceux qui leur prédisent un grand bouleversement dans un monde équitable...

    Bonne journée quand même;

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